Actualité loup

Le loup est un animal sauvage, ni ami ni ennemi de l’homme.
Il est beau par sa liberté et celle-ci doit être protégée.


La population de loups en France

 

La population de loups en France a été estimée à 1 082 individus avec un intervalle de confiance à 95 %.
Cliquez ici pour voir le communiqué sur l’estimation de loups en France

 

Période : du 01/11/2024 au 31/10/2025

 

Dans l’Yonne (89), le réseau relève toujours la présence d’un loup dans le secteur du Chaourçois. De plus, des indices de présence ont été retenus au sud et au nord du département entre décembre et février.
Dans la Nièvre (58), la présence du loup est attestée par le réseau depuis novembre 2023. Plusieurs indices de présence ont été collectés lors de cette année de suivi (N = 49). Deux individus ont été prélevés par TDS (autorisation de tir de défense simple) en avril et en juillet. La dernière observation visuelle retenue date du mois d’août, confirmant la présence d’un autre individu dans ce département.
Depuis Février 2026, de nouveaux arrêtés ont été pris. Le nombre maximum de spécimens de loups (mâles ou femelles, jeunes ou adultes) dont la destruction est permise en application de l’arrêté du 23 février 2026 susvisé est fixé à 21 % de l’effectif moyen de loups estimé annuellement.
Arrêté du 23 février 2026 définissant le statut de protection du loup (Canis lupus) et fixant les conditions et limites de sa destruction
Arrêté du 23 février 2026 modifiant l’arrêté du 23 octobre 2020 fixant le nombre maximum de spécimens de loups (Canis lupus) dont la destruction pourra être autorisée chaque année
A l’occasion de leur visite en Haute-Marne le lundi 16 février 2026, la ministre de l’Agriculture Annie Genevard et le ministre délégué à la Transition écologique Mathieu Lefèvre ont fait une série d’annonces qui pourraient mettre en péril le devenir de la population de loups en France.
Ces annonces interviennent dans un contexte de désinformation
sur la réalité de la situation de cette espèce protégée dans notre pays

 

L’effectif de loups ne progresse plus (estimation moyenne de 1082 individus en 2025, 1013 en 2024, 1104 en 2023, chiffres OFB), il n’y a pas de « déferlement » dans tous les départements de France (en 2025, présence régulière attestée sur 11% du territoire, présence occasionnelle sur 12,6%, chiffres OFB),
Il n’y a pas d’explosion des dommages, mais selon les chiffres de l’Etat (DREAL), une stabilité depuis plusieurs années dans les départements de présence historique de l’espèce ; les dommages augmentent dans les nouveaux départements où la majorité des troupeaux n’est pas protégée. Ces données démontrent l’efficacité de la protection et démentent concrètement l’affirmation de la ministre « La protection n’est pas une solution. Il faut prélever des loups ».

 

Deux points ressortent et résument à eux seuls la fuite en avant du gouvernement,
à la fois démagogique, faisant fi des réalités de terrain et non fondée sur les données scientifiques

 

Le choix d’autoriser les tirs de loups en toutes circonstances, troupeau protégé ou pas, qui se double d’un abandon de l’incitation à la protection, ruine 30 ans de mise en œuvre des seules solutions efficaces pour limiter le risque de prédation. Cela revient à renier le travail de tous les éleveurs qui ont fait les efforts d’adaptation de leurs pratiques et obtiennent des résultats probants en matière de réduction des dommages sur leur cheptel. Cela revient aussi à laisser livrés à eux-mêmes tous ceux qui font face à l’arrivée du loup sur de nouveaux territoires, en leur faisant croire que les tirs font baisser durablement la prédation.
L’augmentation du nombre de destructions de loup autorisées annuellement, jusqu’à 23% de la population, portera à 2/3 le risque de la faire diminuer, selon le rapport MNHN-CNRS-OFB rendu au gouvernement en septembre 2025 qui fait déjà état d' »une population [de loups] au seuil de mortalité supportable » avec le plafond précédent (19 %). Cette décision menace de porter atteinte au bon état de conservation du loup, qui est une obligation européenne légale que la France doit respecter, mais aussi un impératif moral.
Informations apportées par Humanité et Biodiversité, FNE, LPO, ASPAS, FERUS et WWF

Pour rappel…

 

Après des siècles d’acharnement ayant failli le faire disparaître en Europe, le loup a été sauvé in extremis par une protection légale. Depuis 1979, il est protégé au niveau européen par la Convention de Berne transcrite dans le droit français en 1989. Le loup est protégé en France par l’arrêté ministériel du 22 juillet 1993 mis à jour le 23 avril 2007. Et le loup est inscrit dans les annexes II et IV de la directive Habitats Faune Flore de l’Union européenne (92/43/CEE), au titre d’espèce prioritaire. Cela signifie que la France doit veiller à la conservation de l’espèce et de ses habitats.
Eradiqué en France en 1937, il y a fait son retour naturel en 1992, quand un couple venu naturellement d’Italie, où il n’avait jamais disparu, a été observé dans le Mercantour (sud des Alpes). Depuis, avec des effectifs en hausse de 15 à 20 % par an, il a colonisé tout l’arc alpin, se sent chez lui dans le Massif central, les Pyrénées, les Vosges et en Lorraine, et a été vu en Charente-Maritime, en Normandie, dans le Finistère ou la Somme. En septembre 2023, la population nationale était estimée à 1 104 individus dans 55 départements, contre 430 en 2018. En 2024, la dernière estimation du nombre de loups présents en France est à 1 013 loups. Cette estimation fait état d’une baisse de la population de 9%, sachant qu’au mois de septembre 2023, la population lupine était estimée à 1 104 individus (chiffres OFB).
En décembre 2024, sous la pression des organisations agricoles et malgré les alertes des associations de protection de l’environnement, la Convention de Berne — à laquelle appartient l’Union européenne — a baissé le niveau de protection du loup, le passant de « strictement protégé » à « protégé ».

Discret et méfiant, le loup évite l’homme et s’éloigne en cas de rencontre. Entre 1999 et 2020, l’OFB a enregistré 3 880 interactions entre l’homme et le prédateur en France. « Seules 10 interactions étaient hostiles. Et à chaque fois, il s’est avéré que c’était dû au comportement de l’homme. (…) Il n’y a pas de psychose à avoir, » glisse Éric Hansen (Directeur Provence Alpes Cote d’Azur et Corse de l’Office Francais de la Biodiversité).

Un nouveau Plan National d’Actions (PNA) 2024-2029

Photo Plan National Loup 2024-2029

L’une des principales évolutions de ce plan est le changement de « statut » du loup, que le gouvernement souhaite faire passer « d’espèce très protégée » à « espèce protégée ». En France, c’est le credo principal du «plan loup» pour 2024-2029, dont les grandes lignes ont été présentées en septembre et qui devrait être publié dans les jours prochains, selon le ministère de la Transition écologique. Celui-ci prévoit notamment une simplification des procédures de tir, une hausse du taux de «prélèvement» si l’évolution de la population lupine le permet (il est actuellement fixé à 19 %, autorisant la «destruction» de 209 loups en 2024, comme l’année précédente) et la possibilité pour les éleveurs d’utiliser du matériel de vision nocturne afin de repérer l’animal.
D’après les défenseurs de l’environnement, les tirs du carnivore est une très mauvaise idée, qui ne résoudra même pas l’épineuse question de la prédation sur les troupeaux. D’abord, arguent-ils, il est faux d’affirmer que l’espèce est hors de danger. Selon la dernière évaluation de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), datant de 2018, sur les neuf populations transfrontalières de loups de l’UE, six sont vulnérables ou quasi menacées. En France, le loup est toujours classé «vulnérable». Et de souligner son rôle écologique crucial : en régulant les populations d’herbivores sauvages, il limite les dégâts causés par ces derniers dans les forêts et les cultures, comme le rappelle une étude scientifique de 2020.
Ensuite, les tirs létaux de loups n’ont pas démontré leur efficacité pour protéger les troupeaux. C’est d’ailleurs écrit dans le projet de plan loup, qui cite une thèse n’ayant pas permis de trancher. Celle-ci montre que «l’effet des tirs dépend du contexte local : s’ils peuvent être efficaces pour réduire la prédation dans certains cas, ils peuvent également se révéler inefficaces voire augmenter les niveaux de prédation dans d’autres cas», résumait le comité français de l’UICN en décembre. «Chasser les loups fait éclater la structure sociale de leurs meutes. C’est plus susceptible d’augmenter la prédation du bétail que de la réduire», estime aussi Ariel Brunner, de l’ONG Birdlife.

Flash info
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  • Période : du 01/11/2024 au 31/10/2025 ;
  • Le renforcement du suivi hivernal engagé l’année précédente ainsi qu’une forte mobilisation du réseau ont permis de prospecter efficacement l’ensemble du territoire : plus de 2 300 indices biologiques collectés dont environ 90 % analysé génétiquement ;
  • Amélioration de la précision de l’estimation : entre 989 et 1 187 individus (moyenne de 1 082) ;
  • Tendance à la stabilisation de la population : effectifs dans la même gamme de valeurs depuis l’hiver 2021/2022 et baisse de la survie des individus lors de la période 2019-2025 ;
  • Population soumise à de fortes pressions anthropiques : les principales causes de mortalité détectées sur cette période sont les tirs dérogatoires, les collisions et les destructions illégales (dont une forte hausse est constatée) ;
  • Détection de trois lignées distinctes sur le territoire : italo-alpine (lignée historique w22), germano-polonaise (w2 et w1) et dinarique (w23). Signe de dispersions depuis les pays voisins ;
  • Plusieurs nouvelles reproductions en aire d’expansion, dont deux issues de couples mixtes entre individus germano-polonais et italo-alpins.

Info Loup
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La gestion de l’espèce par les tirs – si telle était la volonté de l’Etat- doit avant tout reposer sur un objectif de gestion des attaques aux troupeaux et non de contrôle des effectifs. S’il est tentant d’aborder la question en indexant un nombre de loups à prélever sur l’effectif total de la population, cette approche est à éviter car les risques observés pour les troupeaux ne sont pas forcément directement proportionnels aux densités d’animaux, particulièrement sur les espèces territoriales et sociales comme le loup. Ainsi les mécanismes de compensations, ainsi que le caractère territorial et social d’une espèce comme le loup, empêchent toute relation proportionnelle entre le nombre de loups prélevés et le nombre d’attaques. Le système reste plus complexe qu’une simple corrélation, et le nombre d’attaques n’est pas uniquement lié au nombre de loups, mais aussi dépendant d’une multitude de facteurs biologiques, topographiques, ou encore humain.
Rapport sur l’Etat de conservation du loup en France
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